Une nouvelle étude révèle les effets surprenants de l'ornithologie sur le cerveau
Des recherches récemment publiées suggèrent que l'observation des oiseaux pourrait avoir des effets considérables sur la santé neurologique des personnes vieillissantes. Et il existe de bonnes raisons de penser que ces mêmes bienfaits s'étendent à un loisir voisin très populaire : la photographie d'oiseaux.
Ce que la science a découvert
Une étude canadienne intitulée « The tuned cortex: Convergent expertise-related structural and functional remodeling across the adult lifespan » a mis en lumière un fait remarquable. Le cerveau des ornithologues expérimentés présentait une densité plus élevée dans les régions liées à l'attention et à la perception. Les scientifiques estiment qu'il pourrait exister un lien entre cette densité tissulaire et une meilleure communication entre les neurones.
« Nos cerveaux sont très malléables », explique Erik Wing, auteur principal de l'étude. À mesure que l'on acquiert de nouvelles compétences, la neuroplasticité augmente — ce qui se traduit directement par une plus grande flexibilité cognitive et une meilleure santé mentale.
Pourquoi les ornithologues ont été choisis pour cette recherche
L'équipe de recherche a délibérément ciblé les amateurs d'oiseaux, car observer et identifier des oiseaux en milieu naturel exige une combinaison unique de capacités cognitives. Chez les ornithologues experts sélectionnés via un processus d'évaluation basé sur les performances, les zones cérébrales liées à l'attention et à la perception ont montré des « modifications structurelles ». Ces mêmes régions étaient également « mobilisées de façon sélective pour soutenir l'identification dans des conditions difficiles ».
Les résultats de l'étude indiquent par ailleurs que la pratique active de l'ornithologie pourrait contribuer à ralentir le déclin cognitif lié à l'âge dans ces mêmes zones du cerveau.
Un hobby aux multiples dimensions cognitives
« L'ornithologie n'est pas une activité à sens unique. Elle mobilise énormément d'aspects cognitifs différents », souligne Benjamin Katz, professeur associé au département des sciences du développement humain et de la famille à Virginia Tech.
Tout comme l'observation des oiseaux implique d'être dans la nature, de marcher, de socialiser et d'observer attentivement, la photographie d'oiseaux coche exactement les mêmes cases. D'ailleurs, de nombreux ornithologues emmènent régulièrement un appareil photo pour documenter leurs sorties.
Des heures d'expérience qui façonnent le cerveau
« Nos centres d'intérêt et nos expériences — notamment ceux auxquels nous consacrons des centaines, voire des milliers d'heures sur des décennies — laissent une empreinte durable sur la structure cérébrale », précise Wing. « Nous pouvons découvrir comment les gens utilisent ces vastes domaines de connaissances accumulées pour soutenir leur cognition tout au long de leur vie. »
Des centaines d'heures, voire des décennies de pratique ? Cela ressemble trait pour trait au profil de nombreux photographes passionnés. Une raison supplémentaire, s'il en fallait une, de sortir son appareil et de partir à l'affût des oiseaux.













