MacBook Pro avec M5 Max : Meilleur que Votre Ordinateur de Bureau

Un niveau de performance qui redéfinit les standards

Depuis qu'Apple a lancé ses propres puces, chaque test de ses ordinateurs semble déboucher sur le même constat enthousiaste : c'est encore meilleur qu'avant, c'est encore le meilleur. À force de répéter ces éloges, on finit par se demander s'ils ont encore un sens.

Pourtant, me voilà à nouveau dans la même position — et cette fois, l'affirmation est encore plus audacieuse. Voici le meilleur ordinateur de montage vidéo disponible sur le marché. Pas le meilleur laptop. L'ordinateur tout court. La nuance est capitale.

Configuration testée : une machine de haute voltige

Plusieurs versions du MacBook Pro M5 Max coexistent, il est donc important de préciser ce qui a été évalué ici. L'unité de test est le modèle 16 pouces quasi haut de gamme : puce M5 Max avec CPU 18 cœurs et GPU 40 cœurs, 128 Go de mémoire unifiée, SSD de 4 To, et écran Nano-texture. La facture totale s'élève à 6 149 dollars. Il existe également une version 8 To, qui ajoute 1 200 dollars supplémentaires.

Soyons clairs : cet ordinateur est puissant, pas abordable.

MacBook Pro avec M5 Max : Design et qualité de fabrication

Ce chapitre sera bref, car Apple n'a pas fondamentalement modifié le design de ses machines depuis plusieurs années. Le premier MacBook Pro Apple Silicon ne ressemble pas si différemment au M5 Max posé sur le bureau aujourd'hui. On retrouve le MagSafe, les ports Thunderbolt/USB-C, la prise casque, le grand trackpad, l'excellent clavier et l'écran soigné.

On notera positivement la présence de quatre ports Thunderbolt 5, ce qui permet aux photographes et monteurs d'accéder à du stockage externe rapide sans nécessairement opter pour le SSD interne de plus grande capacité. Si vous disposez d'un bon SSD externe, le modèle 2 To d'Apple peut suffire.

L'écran Nano-texture : une liberté sans précédent

L'unité testée est équipée de l'écran Nano-texture d'Apple, particulièrement redoutable pour éliminer les reflets. Certes, le contraste peut légèrement en souffrir dans certaines situations, mais après avoir utilisé cette technologie, il devient difficile de revenir à un écran standard.

Travailler efficacement dans n'importe quel environnement, quelle que soit la luminosité ambiante, est une liberté considérable — surtout sur un appareil portable.

Un changement discret sur le clavier

Apple a remplacé les mots « caps lock », « shift », « tab », « delete » et « return » par de petites icônes. Ce changement n'a aucun impact significatif sur l'utilisation quotidienne, mais le clavier y gagne en sobriété visuelle.

Le poids : un compromis assumé

Après de nombreux voyages, ce point mérite d'être abordé franchement. Le MacBook Pro pèse 4 livres et 12 onces, soit environ 2 155 grammes — autant que certains trépied photo. On le sent dans le sac à dos. C'est le prix de la puissance et du format, un compromis acceptable mais dont on aimerait s'affranchir.

L'autonomie, les performances du clavier et du trackpad restent inchangées par rapport au MacBook Pro M5 de l'année dernière. Les attentes en termes d'usage réel ne devraient donc pas différer.

MacBook Pro avec M5 Max : Performances

Le SSD : des vitesses hors normes

Apple avait annoncé des vitesses de lecture/écriture jusqu'à deux fois plus rapides que sur la génération précédente, atteignant 14,5 Go/s. Une promesse ambitieuse, surtout quand on sait que les performances réelles dépassent rarement les chiffres théoriques des laboratoires.

Pour référence, voici ce qu'affichait le MacBook Pro M5 (SSD 2 To) de l'an passé : écriture à 6 471,0 Mo/s et lecture à 5 820,6 Mo/s.

Le MacBook Pro M5 Max (SSD 4 To), quant à lui, atteint 12 824,4 Mo/s en écriture et 12 695,0 Mo/s en lecture. Ces chiffres sont si élevés que le logiciel de test Blackmagic ne semblait pas avoir anticipé qu'un disque pourrait un jour atteindre six chiffres — les valeurs débordent littéralement du cadre d'affichage.

Apple tire vraisemblablement parti d'une combinaison optimisée de matériel et de logiciel, potentiellement via PCIe 5.0, même si cette spécification n'est pas officiellement confirmée. Ce qui est certain : la promesse d'une vitesse doublée est tenue.

L'écran : enfin des mesures précises

C'est la première fois que cet écran mini LED a pu être mesuré avec précision, après des problèmes techniques désormais résolus. Ce panneau intègre plus de 2 500 zones de gradation locale et une luminosité de pointe de 1 600 nits en HDR.

Les résultats sont excellents : plus de 100 % de couverture sRGB, 95,4 % DCI-P3, 83,8 % Adobe RGB, avec un Delta E moyen de 0,34 — un chiffre spectaculaire (qui n'a jamais dépassé 1,08 lors des tests ; tout ce qui est inférieur à 2 est considéré comme excellent).

Un point d'attention pour les professionnels de la couleur : au-delà de 90 % de luminosité, les verts deviennent nettement plus intenses que les rouges et les bleus. Pour un travail colorimétrique rigoureux, il est conseillé de rester en dessous de 90 % de luminosité, où la cohérence des couleurs est remarquable.

La dalle est par ailleurs très uniforme sur toute sa surface. Les légères variations de luminosité et de Delta E relevées dans quelques zones ne sont pas statistiquement significatives et n'affectent pas l'expérience visuelle ou de retouche.

L'écran est de technologie mini LED, ce qui signifie que les noirs sont très bons sans être parfaits — l'OLED reste supérieur à cet égard, notamment pour le contrôle des halos autour des objets lumineux sur fond sombre. En contrepartie, le mini LED offre une durée de vie plus longue et une luminosité maximale plus élevée. Aucun phénomène de bloom n'a été constaté, et le rendu des mouvements est irréprochable. Il s'agit globalement d'un écran exceptionnel.

Benchmark Adobe Lightroom Classic

Les tests Lightroom utilisent désormais le benchmark Puget Systems (version 1.00, Lightroom Classic 15.2). Ce test étendu importe 250 fichiers RAW issus de quatre appareils plein format : Canon EOS R5 Mark II, Panasonic Lumix S1R II, Sony a1 II et Nikon Z8. Il génère ensuite 100 aperçus intelligents, exporte 100 JPEG et 100 DNG, puis évalue également les fonctions IA : Select Sky, Select Subject, Reflection Removal, Denoise, Enhanced Details et Super Resolution.

La mauvaise nouvelle en premier : le M5 Max est encore dépassé par les Mac Studio M2 Ultra et M3 Ultra sur Lightroom, probablement parce que ce logiciel repose fortement sur le CPU et reste moins bien optimisé que d'autres applications créatives. Il demeure néanmoins le meilleur laptop jamais testé dans ce benchmark, et n'est pas très loin derrière le M2 Ultra.

La comparaison la plus pertinente reste celle avec le M1 Max : le M5 Max est plus de deux fois plus rapide dans Lightroom Classic. Pour quelqu'un qui envisage de passer de la génération M1 ou antérieure, le gain sera considérable.

Benchmark Adobe Photoshop

C'est ici que la puce M5 Max révèle toute l'étendue de sa puissance. Elle surpasse non seulement les M5, M4 Pro et M4 Max, mais écrase également le M2 Ultra et le M3 Ultra. Ses scores dans les catégories Filtres et Général sont les plus élevés jamais enregistrés — rappelons que la catégorie Général est particulièrement dépendante du CPU.

En combinant cette excellence CPU à des performances GPU remarquables, le M5 Max se positionne sans conteste comme le meilleur ordinateur jamais testé pour Photoshop — pas seulement le meilleur laptop.

Benchmark Adobe Premiere Pro

La tendance observée ces dernières années se confirme avec éclat : les gains les plus spectaculaires se manifestent dans le montage vidéo. Le M5 Max dépasse le Mac Studio M3 Ultra à double puce de près de 1 000 points, porté notamment par un score RAW extraordinaire.

Le benchmark Pugetbench teste le traitement de vidéo 4K Canon Cinema RAW Light ST, 4K ArriRAW, 4K Nikon N-RAW, 5K Sony X-OCN, 4K RED, 4K RED R3D 4x Multistream et 8K RED — tous très gourmands en GPU. Le M5 Max obtient presque le double du meilleur score jamais enregistré pour le traitement vidéo RAW. Le score GPU Effects est également stratosphérique.

Nuance importante : pour les flux de travail Intraframe, les M4 Max, M3 Ultra et M2 Ultra obtiennent encore de meilleurs résultats.

Benchmark DaVinci Resolve

DaVinci Resolve est un éditeur vidéo remarquablement optimisé, et constitue personnellement l'un des benchmarks les plus révélateurs pour évaluer les capacités d'un ordinateur en montage haut de gamme. Le M5 Max y performe de façon exceptionnelle.

Ce n'est pas la machine la plus dominante jamais testée sur Resolve, mais elle s'en approche. Ses scores Intraframe, Fusion et IA surpassent le M2 Ultra et frôlent la puissance du M3 Ultra à double puce.

Bilan des performances du MacBook Pro M5 Max

L'an dernier, le M4 Max et le M3 Ultra s'imposaient comme les meilleures options d'Apple pour les workflows vidéo intensifs. Ce paysage a changé. Le M5 Max bat le M3 Ultra dans Premiere Pro, même si ce dernier conserve l'avantage sur Resolve.

Plus globalement, le M5 Max s'impose comme le meilleur ordinateur créatif polyvalent du marché, grâce à ses scores Photoshop excellents et ses très bons résultats sur Lightroom. Opter pour un MacBook Pro M5 Max entièrement configuré plutôt qu'un M3 Ultra haut de gamme permet d'économiser significativement, sans sacrifier grand-chose en performance — et en gagnant sur certains aspects. Avec l'arrivée probable du M5 Ultra dans un futur proche, il serait difficile de recommander l'achat d'un M3 Ultra aujourd'hui.

Le M5 Max est non seulement plus rentable actuellement, mais devrait également mieux conserver sa valeur dans le temps. C'est le meilleur ordinateur créatif du marché, en termes de rapport performance/prix.

Pour les acheteurs potentiels venant de générations plus anciennes — M1, M2, voire M3 — les gains seront immédiatement perceptibles. Sur la base de cette comparaison générationnelle, la puce M5 Max est la plus impressionnante jamais produite par Apple.

Un écosystème fermé qui produit des résultats ouverts

Le titre de cet article affirmait que ce laptop surpasse votre ordinateur de bureau. Nuançons légèrement : si vous possédez un Mac Studio M3 Ultra en configuration maximale, l'affirmation est moins absolue. Mais la grande majorité des utilisateurs travaillent sur des machines plus anciennes. Pour la plupart d'entre eux, ce MacBook Pro est largement supérieur à leur configuration fixe.

Apple est souvent critiqué pour son approche de « jardin clos », où matériel et logiciel sont étroitement contrôlés. Les enthousiastes PC, qui apprécient la liberté de personnalisation, peuvent voir cela d'un mauvais œil. Mais cette approche génère des bénéfices tangibles.

La conception des puces de la série M a produit des performances exceptionnelles pour les applications créatives. Par ailleurs, la gamme MacBook Pro bénéficie d'une efficacité énergétique remarquable, permettant de maintenir ce niveau de performance sur batterie. Apple semble avoir compris que la meilleure performance ne devrait pas dépendre d'une connexion au secteur — un défi que les laptops PC n'ont pas encore relevé. Ceux équipés de GPU discrets, les seuls qui méritent l'attention des créatifs professionnels, consomment beaucoup trop d'énergie pour les batteries actuelles.

L'autre problème avec les PC concerne l'optimisation. Les tentatives répétées de tester des laptops PC sous Windows se sont heurtées à des problèmes constants et différents selon chaque marque, rendant impossible l'obtention de résultats de benchmark cohérents. L'écosystème Apple, lui, affiche une constance exemplaire qui permet de comparer les performances dans le temps avec précision.

Quelles alternatives envisager ?

Le MacBook Pro M5 de base reste une excellente machine, mais chez Apple en achat direct, il n'est disponible qu'en 14 pouces. Les nouveaux modèles 16 pouces sont réservés aux puces M5 Pro et M5 Max — deux options solides et valables.

Il est encore possible de trouver des modèles M4 Pro en 14 ou 16 pouces chez des revendeurs, à des prix nettement plus abordables que le M5 Max. Pour ceux qui n'ont pas besoin de toute la puissance disponible, ce sont d'excellentes alternatives.

Du côté PC, l'Asus ProArt P16 propose un format et une esthétique proches du MacBook Pro. Son modèle le plus performant est cependant affiché autour de 4 000 dollars.

Faut-il l'acheter ?

Oui, sans hésitation. C'est un choix particulièrement judicieux pour quiconque envisage de passer des générations M1, M2 ou M3 — mais même les puces M4 et le M5 de base de l'an dernier sont nettement distancés par le M5 Max. Il s'agit d'une machine de retouche créative d'exception, et de l'un des ordinateurs les plus impressionnants jamais évalués.

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