Sigma veut fabriquer des objectifs pour le Fujifilm GFX, mais le marché est trop restreint

Un intérêt réel, mais des contraintes économiques bien concrètes

Avec les montures Canon RF et Nikon Z plein format restant fermées aux fabricants tiers, on pourrait naturellement s'attendre à ce que Sigma cherche à élargir sa compatibilité vers d'autres systèmes. La monture Fujifilm GFX, dédiée au moyen format, semblerait être une candidate évidente.

Pourtant, malgré un intérêt personnel affiché, le PDG de Sigma, Kazuto Yamaki, se heurte à une réalité commerciale difficile à contourner : le coût de développement dépasse largement le retour sur investissement envisageable.

Yamaki exprime son intérêt depuis plusieurs années

Dès 2024, Yamaki avait déjà évoqué publiquement son attrait pour les systèmes à grands capteurs. « Je suis personnellement très intéressé par le soutien au moyen format. C'est un petit marché, mais j'y porte un certain intérêt », avait-il déclaré à l'époque.

À ce moment-là, le GFX 100 II venait tout juste de sortir et le GFX 100S II n'avait pas encore été annoncé. Ces deux boîtiers constituent aujourd'hui les piliers du segment moyen format numérique chez Fujifilm.

Le GFX 100 II et le GFX 100S II : deux références solides

Le GFX 100 II a été salué comme « le summum du moyen format actuellement disponible sur le marché », représentant une évolution majeure par rapport aux générations précédentes. De son côté, le GFX 100S II a apporté une mise au point automatique améliorée, une stabilisation optique renforcée et des écrans perfectionnés à ce modèle historiquement plus accessible.

Ce dernier a d'ailleurs su s'imposer face au GFX 100 II, pourtant plus onéreux, en offrant un rapport qualité-prix particulièrement convaincant. Si convaincant, d'ailleurs, que les revendeurs peinent régulièrement à maintenir leurs stocks.

Des ventes encourageantes, mais insuffisantes pour Sigma

Malgré ce dynamisme commercial — remarquable à l'échelle d'un segment aussi spécialisé — la base d'utilisateurs reste trop limitée pour justifier un investissement de la part d'un fabricant tiers comme Sigma.

« Je reste personnellement intéressé par le soutien aux systèmes à grands capteurs, mais nous avons énormément de projets dans notre liste de souhaits et nous devons établir des priorités », confie Yamaki.

Il poursuit : « Je sais que de nombreux passionnés utilisent les appareils Fujifilm GFX, mais malheureusement, le nombre de clients n'est pas aussi important que celui des utilisateurs de capteurs plein format. En tant qu'entreprise, pour assurer notre survie — surtout dans ce type de contexte — nous devons prioriser les projets et les produits qui répondent à une demande plus large. »

Une porte entrouverte pour l'avenir

Yamaki n'a cependant pas totalement fermé la porte à cette éventualité. Loin s'en faut. « Bien sûr, un projet d'objectif pour ce type de système figure au moins dans ma liste de souhaits personnelle », précise-t-il.

En résumé, la volonté est là, mais les priorités commerciales prennent le dessus. Les amateurs de moyen format devront sans doute patienter encore un moment avant de voir des objectifs Sigma compatibles avec la monture GFX apparaître sur le marché.

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