Samsung Galaxy S26 Ultra : Les Frontières Photographiques S’estompent Encore

Design du Samsung S26 Ultra

San Francisco sous la pluie constituait le décor de la cérémonie de lancement Galaxy Unpacked de cette année, et c'est dans ces rues humides que le nouveau Samsung Galaxy S26 Ultra a été mis à l'épreuve. Affiché à 1 299 dollars — soit exactement le même prix que son prédécesseur — ce modèle Ultra a été évalué avant tout comme un outil créatif et photographique.

Le Galaxy S25 Ultra de l'année passée constituait une mise à jour très modeste, notamment sur le plan matériel. Samsung semblait clairement miser sur l'intelligence artificielle. En arrivant à l'événement de lancement, la crainte d'une redite était bien réelle.

Un design conservateur, une fois de plus

La gamme S26 est visuellement quasi identique à celle de l'an dernier. On trouve de nouveaux coloris — bleu ciel et violet cobalt — qui viennent compléter le noir et le blanc classiques, tous dans des tons relativement discrets. Les coins légèrement incurvés reviennent sur l'ensemble de la gamme S26, ainsi que le même écran AMOLED de 6,9 pouces avec une luminosité de pointe de 2 600 nits.

Cet écran exploite la technologie Samsung ProScaler pour améliorer résolution et rendu des couleurs, avec une prise en charge native 10 bits grâce à la dernière technologie mDNLe. La batterie reste inchangée avec une capacité de 5 000 mAh, mais le S26 Ultra intègre désormais le processeur Snapdragon 8 Elite de cinquième génération, essentiel pour alimenter les dernières fonctionnalités d'IA et améliorer l'autonomie globale.

Samsung a également développé un nouvel AP de deuxième génération pour ses derniers appareils. Abandon du titane au profit de l'aluminium — comme Apple l'a aussi décidé — combiné à une chambre à vapeur améliorée pour une meilleure gestion thermique. Le Corning Gorilla Glass 2 assure la protection de l'écran. Il s'agit du téléphone Ultra le plus fin jamais conçu par Samsung, avec un poids de 214 grammes.

Le stylet S Pen est toujours là, permettant la recherche par cercle, la conversion de l'écriture manuscrite en texte, et la création de stickers à partir de doodles. La recharge filaire monte désormais à 60 watts, et la recharge sans fil à 25 watts.

Fonctionnalités Agentiques

Samsung souhaite démocratiser l'IA pour tous — c'est véritablement le leitmotiv du S26 Ultra. Dans le monde de la photographie, l'intelligence artificielle suscite légitimement scepticisme et inquiétude, mais elle apporte aussi des améliorations concrètes au quotidien.

Pouvoir photographier un document et laisser l'IA en effacer les plis ou les taches de café : voilà quelque chose d'incontestablement utile. Filtrer les appels, extraire les informations pertinentes des e-mails, créer des plannings par simple commande vocale — tout cela est bel et bien pratique. C'est là un aperçu de ce que l'IA agentique Samsung peut accomplir, mais l'essentiel ici concerne son impact sur la photo et la vidéo.

La grande nouveauté célébrée lors du lancement était l'écran de confidentialité. Cette fonctionnalité, personnalisable par application, empêche efficacement toute lecture latérale de l'écran, au prix d'une légère perte de luminosité.

Les appareils photo du Samsung S26 Ultra

Passons aux choses sérieuses. Le S25 Ultra avait été critiqué pour avoir recyclé l'essentiel de son matériel photo. À première vue, le S26 Ultra semble suivre la même voie : même capteur frontal, même ultra grand-angle, même téléobjectif 3x. Cependant, deux objectifs bénéficient d'une ouverture significativement plus lumineuse par rapport à l'année précédente.

Ultra grand-angle

L'ultra grand-angle offre un champ de vision équivalent 13 mm en plein format, avec un capteur de 50 mégapixels de type 1/3,52 et une ouverture f/1,9. La capacité de mise au point rapprochée améliorée sur le S25 Ultra est reconduite ici.

Capteur principal

Le capteur principal est un puissant 200 mégapixels de type 1/1,3. Cette année, l'ouverture passe de f/1,7 à f/1,4 — un gain de lumière notable qui améliore la profondeur de champ et les performances en basse lumière.

Téléobjectif 3x

Le téléobjectif 3x à f/2,4 fait son retour avec son capteur de 10 mégapixels de type 1/3,52 — déjà insuffisant sur le modèle précédent, il accuse encore davantage son retard face aux améliorations apportées aux autres objectifs. La qualité d'image y est nettement inférieure.

Téléobjectif 5x

Le téléobjectif 5x suscite plus d'enthousiasme, grâce à sa nouvelle ouverture f/2,9 plus lumineuse. Son capteur de 50 mégapixels de type 1/2,52 offre une distance focale que l'on préférera au 4x de l'iPhone 17 Pro.

Capteur frontal

L'appareil photo frontal reste identique au S25 Ultra, avec un capteur de 12 mégapixels de type 1/3,52. Correct pour les selfies, il ne rivalise pas avec la sophistication de l'iPhone 17 Pro. Samsung propose toutefois un ensemble solide de modes portrait, filtres et fonctions de beauté par IA.

Qualité d'image

Les images Samsung straight out of camera sont toujours séduisantes : balance des blancs neutre, exposition précise, couleurs éclatantes. Cela dit, un rendu parfois sur-traité trahit une réduction de bruit agressive qui sacrifie les détails fins. Pour une diffusion sur les réseaux sociaux, cela passe inaperçu — mais les photographes exigeants y regarderont à deux fois.

Le mode Nightography permet des expositions allongées pour réduire le bruit et préserver les détails. Samsung ajoute cette année une résolution de 24 mégapixels aux JPEG automatiques, option absente des modes Pro RAW.

En mode Pro, on accède aux commandes manuelles et à un fichier DNG légèrement traité. Les modes 12 et 50 mégapixels sont disponibles selon l'objectif, mais la différence pratique est minime car la réduction de bruit efface les avantages de résolution. La restitution des hautes lumières est correcte, et les ombres se récupèrent dans une certaine mesure.

Le mode Expert RAW constitue de loin la meilleure option pour un travail plus sérieux, grâce à l'empilement d'images qui améliore considérablement la plage dynamique. Le rendu y est moins sur-traité, et la réduction de bruit moins destructrice. Le mode 24 mégapixels en Expert RAW semble offrir le meilleur compromis entre détail et gestion du bruit. Le mode 200 mégapixels du capteur principal apporte un léger gain de résolution dans les situations qui s'y prêtent.

Le mode portrait reste efficace, avec de bonnes cartes de profondeur et un bokeh numérique convaincant. La détection des cheveux fins est particulièrement précise, et la transition de mise au point semble naturelle. La profondeur de champ est ajustable lors de la prise de vue ou en post-traitement.

La principale frustration avec l'application caméra reste sa complexité excessive. Il est facile d'oublier de régler la résolution appropriée, et l'impossibilité d'intégrer directement le mode Expert RAW dans les options de l'appareil photo reste une lacune agaçante.

Fonctionnalités vidéo

La nouveauté vidéo phare du S26 Ultra est le nouveau codec APV (Advanced Professional Video). Cette compression intra-image enregistre chaque photogramme individuellement, garantissant une qualité constante quelle que soit l'intensité du mouvement dans le cadre. Les fichiers sont volumineux — la 4K/30p est capturée à environ 900 Mbps — mais peuvent être enregistrés sur un SSD externe via le port USB-C. Au moment de la publication, ce format n'était éditable que dans DaVinci Resolve ou CapCut.

Malheureusement, le codec APV applique le même niveau d'accentuation, de contraste et de saturation que les enregistrements Log h.265 standard. L'avantage réel se limite aux situations de mouvement extrême ou de post-production intensive. En revanche, l'APV verrouille le débit d'images, ce qui est utile pour la synchronisation multi-appareils. Les fichiers restent cependant trop volumineux pour la plupart des utilisateurs.

Des LUT de prévisualisation sont désormais intégrées à l'appareil — certaines sont un peu excessives, mais la sélection est globalement appréciable. Elles sont néanmoins indisponibles en 8K ou en 4K/120p.

Samsung a travaillé à analyser les patterns de bruit de chaque capteur pour appliquer une réduction de bruit individuelle en temps réel, sans envoi vers le cloud. La basse lumière du capteur principal est excellente, combinant la nouvelle réduction de bruit et la plus grande ouverture. Les trois autres capteurs restent rugeux dans des conditions difficiles.

Un nouveau verrouillage d'horizon permet de faire pivoter le téléphone à 360 degrés tout en maintenant l'horizon fixe — une fonctionnalité utile pour les caméras d'action, mais qui impose un recadrage important et une perte de qualité notable sur smartphone. Le mode Super Stable et le verrouillage d'horizon désactivent l'enregistrement 8K et toutes les fonctionnalités vidéo pro.

Dans l'ensemble, la série Samsung Ultra demeure le meilleur choix Android pour la vidéo : 8K avec un gain de résolution perceptible, contrôles manuels complets et enregistrement log sans application tierce. La performance en basse lumière du capteur principal est la meilleure observée à ce jour sur un smartphone.

IA générative

Google et Samsung ont toutes deux fortement investi dans l'IA générative ces dernières années. Samsung développe son moteur de traitement d'image en interne, en s'appuyant sur les données massives de Google. L'an dernier, les résultats étaient grossiers, ressemblant à des autocollants découpés collés sur les photos. Cette fois, ils sont nettement plus convaincants, au point de tromper la majorité des utilisateurs sur les réseaux sociaux.

L'accès aux outils IA via les étoiles Samsung dans la galerie connecte au cloud pour le traitement. La vitesse s'est améliorée, la plupart des modifications simples prenant moins de trente secondes. Les demandes vocales ou textuelles permettent de changer l'heure de la journée, créer un effet heure dorée ou coucher de soleil — avec des ombres et un éclairage en contre-jour réalistes. Des halos subsistent autour des sujets, mais sont nettement réduits.

La gomme IA fonctionne désormais quasi parfaitement pour effacer des éléments indésirables d'un simple geste. L'outil de déplacement est moins fiable : les sélections sont excellentes, mais déplacer un sujet peut entraîner des suppressions ou des déformations involontaires.

Au-delà des ajustements subtils, il est possible de transformer des photos en peintures à l'aquarelle, modifier les vêtements des sujets, changer la couleur d'une chemise, se placer devant le Grand Canyon, ou coller son chien dans une autre image. Mais si l'on photographie son propre chien et qu'on le fait apparaître dans une autre scène, la représentation obtenue n'est plus vraiment son chien. Ce sont des fabrications convaincantes, non des souvenirs authentiques.

Transformer une image en quelques secondes soulève une question fondamentale. La photographie devrait être une quête : chercher la lumière, saisir l'instant fugace, accepter que les bonnes images se méritent. Or ici, tout cela devient effortless — sans effort. Mais la photographie n'est pas censée être sans effort, et elle ne devrait jamais l'être.

Il est impossible de nier la puissance de ces outils, ni leur évolution inévitable. Le Samsung S26 Ultra à 1 299 dollars est un outil fascinant et un avant-goût de ce qui attend la photographie. Samsung offre encore suffisamment pour les photographes sérieux, mais le S26 Ultra s'éloigne progressivement de la photographie telle qu'on la connaît.

Existe-t-il des alternatives ?

Le Google Pixel 10 Pro est le concurrent le plus proche en termes d'IA générative. Les deux appareils puisent dans les mêmes données et se situent dans une fourchette de prix similaire. Le S26 Ultra pousse cependant encore plus loin dans le domaine de l'IA générative.

Faut-il l'acheter ?

Oui. Malgré les réserves sur la place croissante de l'IA, le Samsung Galaxy S26 Ultra reste un outil créatif de premier plan pour les photographes avancés. Tout dépend de ce que vous choisissez d'utiliser — et de ce que vous préférez ignorer.

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