La séance suspendue après la fuite d'une photographie confidentielle
La déposition d'Hillary Clinton devant le Congrès a été brusquement interrompue après qu'une photographie prise à huis clos a été divulguée par la commission de surveillance de la Chambre des représentants, puis diffusée sur internet.
L'équipe juridique de Clinton a immédiatement demandé la suspension de la procédure, invoquant une violation flagrante des règles interdisant toute prise de vue photographique lors d'un témoignage parlementaire à portes fermées.
Lauren Boebert au cœur de la controverse
Selon les informations rapportées par CBS News, c'est la représentante républicaine Lauren Boebert, élue du Colorado, qui aurait pris la photo en question. Elle l'aurait ensuite transmise au commentateur politique Benny Johnson, qui l'a partagée sur la plateforme X.
Clinton s'est exprimée sur l'incident après la séance : « Nous avons eu quelques difficultés au départ, car nous avions convenu de règles précises à leur demande, puisqu'il s'agissait d'une audition à huis clos. Un membre a violé cette règle, ce qui était très perturbant, car cela laissait entendre qu'ils pourraient enfreindre d'autres engagements pris. »
La réaction désinvolte de Boebert face aux journalistes
À sa sortie de l'audition, Boebert a été interpellée par plusieurs journalistes qui l'ont questionnée sur les raisons de cet envoi. Sa réponse, teintée d'ironie, a immédiatement fait réagir : elle a déclaré « admirer beaucoup son tailleur bleu et avoir voulu immortaliser ça pour tout le monde. »
Lorsque les reporters ont insisté pour obtenir une explication plus sérieuse, la congresswoman a simplement répondu : « Pourquoi pas ? »
Clinton souhaitait témoigner publiquement
L'ancienne Secrétaire d'État avait expressément demandé à déposer lors d'une audience publique. La commission de surveillance de la Chambre a rejeté cette requête. De leur côté, les élus démocrates présents lors de la déposition réclament la publication de la transcription intégrale et non éditée dans un délai de vingt-quatre heures — une issue qui semble peu probable.
Clinton avait été convoquée par les parlementaires républicains afin de répondre à des questions portant sur ce qu'elle sait — ou ne sait pas — concernant Jeffrey Epstein et ses éventuels liens avec le trafiquant sexuel condamné.
Photographie et auditions parlementaires : quelles règles ?
Dans les commissions parlementaires, les règles encadrant la photographie varient selon le type de séance. Les auditions publiques autorisent généralement les prises de vue, chaque commission fixant ses propres modalités de couverture photographique. En revanche, les auditions à huis clos excluent par définition toute photographie.
Ce n'est pas la première fois que ce type d'incident survient au Congrès américain. En 2019, le photojournaliste de Reuters Joshua Roberts avait été escorté hors des auditions sur la mise en accusation du président Trump, après qu'un membre républicain de la commission judiciaire de la Chambre l'avait surpris en train de photographier les documents posés sur le bureau d'un élu démocrate. Reuters avait soutenu que son reporter n'avait commis aucune faute.
L'affaire Gohmert en 2017
En 2017, un photographe avait accusé le républicain texan Louie Gohmert de s'être délibérément interposé devant son objectif pour l'empêcher de capturer l'expulsion de manifestants lors d'une réunion de la commission judiciaire du Sénat. Le photographe Jim Lo Scalzo, de l'European Pressphoto Agency, avait eu un vif échange avec Gohmert au sujet des droits des photographes lors des auditions parlementaires. L'élu lui reprochait d'avoir enfreint les règles de la presse en se levant pour prendre ses clichés.













